Petite histoire de bière et de système métrique...

29 octobre 2008

Article de Virginie Malingre entièrement récupéré du site lemonde.fr.


Depuis quelques jours, les Britanniques sont appelés à se prononcer sur un sujet qui manifestement fait polémique : l'introduction d'une nouvelle mesure de bière, le deux tiers de pinte. Ils ont jusqu'au 1er janvier 2009 pour donner leur avis au Laboratoire national des poids et mesures (National Weights and Measures Laboratory, NWML), l'organisme public qui gère le système de mesure du Royaume hérité de l'empire britannique.

La sacro-sainte pinte - 0,568 litre - a été légalisée en 1698. Pour le Daily Telegraph, ce deux tiers de pinte que veut introduire le NWML marquerait "la fin de 300 ans d'histoire". Ni plus, ni moins. "Ce serait la première fois depuis que Guillaume III, prince d'Orange, était sur le trône (1650-1702) qu'on pourrait boire une dose si inhabituelle", écrit le quotidien dans son édition du 23 octobre. C'est indéniable puisque cette quantité n'a pas droit de vie aujourd'hui, et qu'il faudrait une loi pour le lui donner. Mais c'est exagéré dans la mesure où le législateur britannique s'est montré fort libéral au XXe siècle en autorisant la demi-pinte et le tiers de pinte.

Les pubs ont demandé au NWML de créer cette nouvelle mesure impériale pour les aider, alors qu'ils assistent, impuissants, à une baisse de leur fréquentation qui s'accompagne d'un recul de la consommation. Chaque jour, cinq d'entre eux doivent mettre la clef sous la porte, alors que les Britanniques, de plus en plus casaniers, préfèrent acheter leur bière en supermarchés pour la boire à la maison. "Il ne fait aucun doute que les pubs font face à des difficultés majeures et le moindre détail peut venir en aide", estime la British Beer and Pub Association (BBPA), qui dit représenter 98 % de la bière brassée et plus de la moitié des 58 000 débits de boisson britanniques. La BBPA pense notamment que les femmes pourraient être séduites par le deux tiers de pinte, alors que la clientèle traditionnelle du pub est très masculine.

Un argument qui inquiète les associations qui luttent contre l'alcoolisme. Et soulève leur opposition au projet de la NWML. L'une d'entre elles, Alcohol Concern, juge ainsi que "cela pourrait permettre de mettre sur le marché des bières pour femmes. Nous avons déjà vu les brasseurs tenter de sortir d'un marché exclusivement masculin".

A l'autre extrême, l'association Campaign for Real Ale (Camra) vient de déposer auprès du gouvernement une pétition de plus de 20 000 signatures demandant à ce que les pintes de bière soient remplies à ras bord. "Dans une pinte sur quatre, il manque 5 % de bière", dénonce l'organisme. Un crime de lèse-majesté.
Scandaleux ! Que serait l'Angleterre sans ses pintes ? C'est quand même une tradition, une coutume... l'histoire de ce pays, pas touche !
Alors déjà oui, ici la bière est toujours servie sous forme de pinte, à moins de demander une "half" (mais ça fait vraiment petit à côté des autres !). Ce qui est assez surprenant, c'est que les pintes sont toujours (ou presque d'après Camra) remplie à ras bord, au point d'en mettre partout lorsqu'on la ramène à la table. M'enfin, ça n'a pas l'air de gêner plus que ça :).
Et en effet, la pinte d'ici n'est pas un demi-litre comme on pourrait le croire, mais quasiment 600mL (à voir sur un verre doseur c'est plus 600 que les 560 évoqués dans l'article). A £1.30 la pinte (le moins cher qu'on ait trouvé, dans notre pub étudiant !) soit environ 1,65€, on ne se plaint pas !

1 commentaires:

prichard a dit…

après le réchauffement climatique, une autre catastrophe encore plus cataclysmique se profile ... :-(
Allez, je compte sur le soutien de tous les expat' pour seconder les britaniques qui n'arrivent plus à finir leur pinte en dehors de leur "sweet home". D'ailleurs je vois que mon fiston prend cette menace très au sérieux et se dévoue !